Vincent VERDEGUER

Engagé jusqu’en 1987 dans l’abstraction pure, le travail de Vincent Verdeguer fut d’abord une introspection plastique de la toile en surface et en profondeur au moyen de supports multiples – toile, métal, bois, papier ciré, huile, vinyle, ….

Puis vient la greffe née de la rencontre entre le pictural et le photographique dans un ensemble où les matériaux mêlés, triturés, désorganisés sont détournés de leur nature première. La photographie est ce que le corps est à l’âme, un embrayeur de création visible ou invisible. Elle est aussi un moyen de distanciation donneur de sens, qui permet le retour au sujet, alors que l’énergie, l’attaque de la pâte picturale réintroduit la matière perdue de la photo. Vincent Verdeguer est un alchimiste.

Son œuvre est vivante, organique ; le papier à texture brute, archaïque, renvoie au corps, à la peau, au message de l’incarnation. Aux frontières des matériaux, il fait advenir un espace entre réalité et imaginaire, qu’il nomme « l’entremonde », dont l’aura vient interpeller le regardeur.

« La surface picturale questionne, appelle et efface à la fois la profondeur dans le jeu contradictoire d’apparition et de disparition du visible. Le regard interroge le tréfonds de l’espace absorbant, fascinant et terrifiant. La résurgence du profond donne la présence au tableau et nous en éloigne. Appréhender la profondeur donne accès à l’essence des êtres et des choses ; en garder le mystère nous épargne de l’effroi, de l’anéantissement qu’il provoquerait en se révélant. » – Vincent Verdeguer, 2007.